Annoncé proche du Stade Rennais depuis l'éviction d'Habib Beye en début de semaine dernière, Franck Haise devrait signer son contrat avec les Rouge et Noir dans les prochains jours. Retour sur sa carrière atypique d'entraîneur qui lui aura permis de fréquenter les différents échelons du football français.
Joueur dans les années 1990 et 2000 en deuxième division au poste de latéral gauche, Franck Haise met un terme à sa carrière en 2004, après des expériences réussies du côté du FC Rouen et du Stade Lavallois. Lors de sa dernière saison, il cumulait les fonctions de joueur et d’entraîneur au sein du Stade Mayennais, alors pensionnaire de quatrième division. À l’été 2004, il décide de se consacrer pleinement à sa carrière d’entraîneur et prend les rênes de l’équipe première. Deux ans plus tard, il quitte le Stade Mayennais pour rejoindre le Stade Rennais. Entre 2006 et 2012, il est au cœur de la formation des jeunes au sein du club breton. Principalement en charge des U17, il joue un rôle clé dans l’éclosion de pépites issues du centre de formation, comme Yann M’Vila ou Jimmy Briand. Attaché au club, il décide néanmoins de le quitter en 2012 pour devenir entraîneur principal de l’équipe amateure de l’US Changé, durant une saison. Par la suite, il rejoint Régis Le Bris à Lorient et devient entraîneur de l’équipe réserve à ses côtés. Ensemble, ils remportent le championnat de CFA 2 en 2014. Durant deux saisons, entre 2015 et 2017, il est entraîneur adjoint de l’équipe première, alors en Ligue 1, avant de prendre la direction de Lens, une expérience qui changera son destin. Pendant trois saisons, il dirige l’équipe réserve, qui connaît des résultats mitigés sous sa houlette. En 2020, alors que l’équipe première est à la lutte pour la montée en Ligue 1, Franck Haise est nommé entraîneur en remplacement de Philippe Montanier. Il remporte ses deux premiers matchs avant que la pandémie de Covid-19 ne vienne bouleverser la saison. Le championnat est arrêté prématurément au bout de 28 journées : le RC Lens termine deuxième du classement et est promu dans l’élite, cinq ans après l’avoir quittée
Durant l’été, Joseph Oughourlian, président du club, décide de lui laisser sa chance et le conforte à son poste. La saison 2020-2021 des Artésiens est très réussie pour un promu. Ils terminent à une belle septième place, à seulement une unité du Stade Rennais, premier club qualifié pour une compétition européenne. Surtout, ce premier exercice leur permet de trouver des cadres dans le vestiaire qui les feront briller dans les années suivantes, comme Seko Fofana, Florian Sotoca ou encore Facundo Medina. La saison suivante, les Sang et Or terminent de nouveau à la septième place. L’effectif est renforcé par les arrivées de Przemysław Frankowski et Jonathan Gradit.
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L’été 2022 marque également l’arrivée de Brice Samba au poste de gardien de but. La saison 2022-2023 est magique pour le RC Lens. Emmenés par un Loïs Openda brillant en attaque, les Lensois jouent les premiers rôles tout au long de la saison. Ils parviennent notamment à battre à domicile le PSG, l’OM, le Stade Rennais ou encore l’AS Monaco. Franck Haise construit une équipe solide défensivement — la meilleure du championnat — et un collectif capable de piquer son adversaire à tout moment. Les Nordistes terminent deuxièmes de l’exercice, à seulement une unité du leader parisien et de ses stars. C’est une immense fierté pour la région, de retour sur le devant de la scène après des années de galère dans l’antichambre du football français. L’année 2023 marque le retour du RC Lens en Ligue des champions. Les Sang et Or remportent notamment une victoire historique face à Arsenal à domicile (2-1). Lors de l’ultime journée, ils s’imposent face au Séville FC, un succès qui leur permet d’éviter l’élimination directe et de poursuivre leur parcours en Ligue Europa. Malheureusement, ils sont éliminés en barrage par Fribourg, malgré une remontée de trois buts au match retour. Orphelins de Seko Fofana et de Loïs Openda, les Lensois sont davantage en difficulté en championnat lors de la saison 2023-2024. Ils terminent de nouveau septièmes et échouent à se qualifier pour la Ligue Europa Conférence, éliminés par le Panathinaïkos en barrage. L’été 2024 marque le départ de Franck Haise. En désaccord avec son président, il quitte le navire après quatre années de bons et loyaux services
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Débarqué de Lens, Franck Haise est convaincu par la direction niçoise de rejoindre le club, cinquième de la saison précédente. Avec les Aiglons, il connaît une première saison contrastée. En Ligue Europa, le club réalise l’un des pires parcours d’un club français en Coupe d’Europe, ne remportant aucune victoire lors de ses huit matchs de phase de ligue. Il termine à l’avant-dernière place du classement. En revanche, en championnat, les Sudistes réalisent une bonne saison en finissant quatrièmes, à cinq points du deuxième marseillais. Nice se qualifie ainsi pour les barrages de la Ligue des champions, mais est éliminé dès le troisième tour par le Benfica Lisbonne (0-4) et est donc reversé en Ligue Europa. Les Aiglons passent complètement à côté de leur première partie de saison suivante. Les supporters entrent en grève contre leur propre club à partir de l’automne. Le 28 décembre, alors que l’équipe reste sur une série de neuf défaites consécutives et occupe la dernière place de son groupe en Ligue Europa, la direction décide de se séparer de lui.
Le destin du Stade Rennais et de Franck Haise semble aujourd’hui naturellement les réunir. Libérés d’Habib Beye, les Rouge et Noir sont en quête de renouveau. La recherche d’un entraîneur capable de mobiliser tout un vestiaire apparaît comme une nécessité pour le club breton, au vu des précédents récents qui avaient vu Beye perdre totalement son équipe.
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La volonté, assumée à demi-mot par Arnaud Pouille, de recréer un environnement proche de celui connu à Lens semble être arrivée à son terme. La suite appartient désormais à Franck Haise, qui aura la délicate mission d’apporter de la stabilité à une équipe qui, comme elle l’a encore montré vendredi dernier face à Paris, est capable de grandes performances, mais manque parfois cruellement de lucidité et de solidité dans certains matchs.
Axel LECHARTIER