Rencontre avec Serge Lenoir (partie 2) - Spécial 125 ans

Pour lancer l'année des 125 ans du Stade Rennais, Serge Lenoir, attaquant vedette de la fin des années 1960 a accepté d’échanger quelques minutes avec nous. Dans cet entretien accordé à Team SRFC, il se livre sans concession sur les moments les les plus mémorables de sa carrière et sur les souvenirs d'une époque aujourd'hui révolue.

Ceci est la suite de la première partie de l’interview publiée hier que vous pouvez retrouver ici

Je suppose que la victoire de 1971 reste l’un des meilleurs souvenirs de votre carrière ? 

Oui, pouvoir remporter un trophée avec mon club de cœur a été pour moi une grande satisfaction. L’ambiance lors de ce parcours m’a beaucoup marqué. Dès la demi-finale, l’ambiance était folle. Il y avait un public monstre, quasiment 30 000 personnes alors que le stade était loin de sa capacité d’aujourd’hui. Les gens étaient perchés dans les pylônes du stade c’était du délire. Juste après la dernière tentative détournée par Aubour, le public a envahi le terrain. Lors de la finale à Colombes le stade était majoritairement peuplé de rennais et la fin de match a laissé place à une communion avec les supporters qui ont une nouvelle fois envahi le terrain. Lors du retour à Rennes le lendemain, les rues étaient noires de monde. Nous avons mis entre deux et trois heures à remonter l’avenue Jean Janvier depuis la gare pour rejoindre la place de la mairie. Nous avons traversé la ville en camion et j’ai même cru qu’il allait finir par y avoir un accident, car les gens s’accrochaient au camion. C’est un formidable souvenir pour moi encore aujourd’hui.

© Le Télégramme

Un mot sur le public. Ressentiez-vous déjà une certaine ferveur à votre époque derrière les rouge et noir ? 

Le club avait déjà une très bonne ambiance à l’époque qui s’est notamment fait ressentir avec ces parcours en Coupe. La physionomie des tribunes a sans aucun doute évolué par rapport à aujourd’hui. Le public était probablement moins familial qu’aujourd’hui. Aujourd’hui les femmes viennent surement plus aux matchs qu’à notre époque et c’est positif.

Quels sont les aspects qui ont selon vous évolué entre le football de votre temps et celui d’aujourd’hui ?

Le football aujourd’hui est beaucoup plus structuré qu’il ne l’était il y a 50-60 ans. Il n’y avait pas de centre de formation quand je suis arrivé à Rennes. Cela a vraiment commencé à se développer dans les années 1980. A mon époque il fallait réussir à se faire repérer pour espérer intégrer un club professionnel. Je trouve également que le football est beaucoup plus rapide aujourd’hui. La médiatisation était aussi beaucoup moins importante. Il n’y avait que quelques matchs diffusés par saison comme les finales de Coupe de France ou des rencontres européennes.

Au sein du vestiaire vous étiez entourés d’autres légendes. Je pense à Marcel Aubour, Raymond Kéruzoré, André Guy ou encore Alain Cosnard. Restez-vous toujours en contact entre vous ? 

Il m’arrive de les recroiser lors d’évènements organisés par le club mais cela se fait de plus en plus rare. Lors des festivités des 120 ans, j’avais pu retrouver Raymond et Alain mais je n’entretiens pas de relations régulières avec eux. Je me rends de moins en moins aux matchs donc cela rend plus difficile la garde de contacts. Je gardes cependant des souvenirs extraordinaires avec tous mes coéquipiers.

© Ouest France

Quelles ont été les raisons de votre départ en 1972 ? 

J’arrivais en fin de contrat avec le club cette année là. J’étais moins décisif sur les derniers mois. Cela a provoqué un certain manque de soutien au sein du club comme chez les supporters. Bastia a démontré de l’intérêt pour mon profil et j’ai donc accepté cette expérience en Corse.

Pour conclure, avez-vous une anecdote particulière à nous partager sur vos années à Rennes ?

Oui je pourrais vous parler du lancer d’artichauds de Marcel Aubour lors de la finale face à Lyon. Le match avait été interrompu parce que les supporters avaient montrés leur mécontentement des décisions arbitrales. Marcel avait décidé de lancer une partie Provençale dont le but était de toucher la barre transversale avec les artichauds. C’était une manière divertissante de calmer les ardeurs du public et qui est resté célèbre.

Propos recueillis par Axel LECHARTIER

L’Hebdo Rennais – par Team SRFC

Par TEAM SRFC

Team SRFC est un média relayant l’actualité du Stade Rennais sous tous les angles : professionnels, académie, féminines et supporters depuis 2016.

Présent sur la grande majorité des réseaux sociaux, Team SRFC incarne trois valeurs qui lui sont essentielles : la passion, le partage et la ferveur. 🔴⚫

Les derniers articles publiés