Un bilan comptable positif, mais trompeur ?
Avec quatre victoires, un match nul et deux défaites après sept journées, le Stade Rennais affiche un bilan encourageant sur le plan comptable en Ligue 1, avec 13 points et 15 buts inscrits. Pourtant, ces chiffres cachent une équipe encore irrégulière, capable du meilleur comme du pire. Le match nul contre le PSG (2-2), après avoir mené 2-0, a révélé une première faiblesse : la difficulté à conserver un avantage. Les victoires contre Le Mans (3-2), Angers (2-1) et Marseille (1-0) ont ensuite confirmé le potentiel rennais, avec trois succès consécutifs qui ont même permis au club de prendre provisoirement la tête du championnat. Mais la lourde défaite à Lyon (4-0) a marqué un premier coup d’arrêt. Malgré une possession importante, Rennes a manqué d’efficacité et s’est montré trop fragile défensivement. La victoire difficile mais finalement large contre Auxerre (4-1) semblait annoncer une réaction durable, mais le revers face au Paris FC (4-3) a rapidement rappelé les limites de l’équipe. Revenus 3 fois au score, les Rennais ont malgré tout encaissé quatre buts et sont repartis sans le moindre point.
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Au total, Rennes marque beaucoup, a même la meilleure attaque du championnat avec 15 réalisations mais encaisse également trop. 14 buts ont en effet déjà été concédés par les rouges et noirs. Le potentiel offensif est indéniable, mais les erreurs défensives et le manque de régularité empêchent encore l’équipe de maîtriser ses rencontres. Pour confirmer ses ambitions en Europa League où le club a pris 4 points sur 6 sur ses 2 premiers matchs, le Stade Rennais devra apprendre à mieux gérer ses temps faibles et à transformer ses bonnes performances en résultats plus constants.
Des confirmations, des bonnes surprises et des déceptions côté joueurs
Ce début de saison rennais permet déjà de distinguer quelques satisfactions individuelles, mais aussi des joueurs qui doivent encore convaincre. Si certains semblent avoir pris une nouvelle dimension, d’autres peinent à répondre aux attentes. Du côté des bonnes surprises, Estéban Lepaul confirme son importance offensive. Déjà très efficace la saison dernière avec 21 buts, l’attaquant poursuit sur sa lancée et s’est notamment dès les deux premières journées avec 3 buts. Son triplé face au Paris FC, malgré la défaite, confirme son instinct de buteur et son sang froid sur penalty. Sa première convocation en équipe de France vient également récompenser sa progression. Rennes peut compter sur lui et sa sortie en fin de match dimanche sur blessure fait craindre le pire pour les prochains matchs.
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Autre satisfaction, la recrue estivale lensoise Adrien Thomasson qui s’impose progressivement comme un élément important du milieu rennais. Son but décisif contre Marseille a permis au Stade Rennais de décrocher une victoire précieuse. Son activité et son expérience apportent de la stabilité à une équipe qui en manque parfois. Charlie Cresswell constitue également un motif d’espoir : le défenseur anglais s’est distingué par son impact dans les duels, son jeu aérien et sa qualité de relance. À l’inverse, certains joueurs offensifs doivent encore apporter davantage. Ludovic Blas, Arnaud Nordin et surtout Issa Soumaré ont été pointés du doigt pour leur manque d’influence et de créativité dans les premières rencontres. Rennes a besoin qu’ils prennent davantage d’initiatives afin de soulager Lepaul et de proposer des solutions offensives plus variées. Enfin, le secteur défensif reste un sujet de préoccupation. Les lourdes défaites contre Lyon et le Paris FC ont mis en lumière les difficultés collectives de Rennes. Certains défenseurs ont clairement été pointé du doigt, comme Quentin Merlin qui a été mis à l’écart du groupe sur les deux derniers matchs et a été envoyé en réserve le week-end dernier.
L’Europe, un défi supplémentaire
Le Stade Rennais retrouve également la Ligue Europa. Pour son premier match, le club a concédé un triste match nul 0-0 sur le terrain du Sturm Graz, dans une rencontre peu convaincante au cours de laquelle les Bretons ont même été inquiétés en fin de match. Rennes a ensuite réagi en s’imposant jeudi dernier pour le retour de la Coupe d’Europe au Roazhon Park, 2-1 contre l’OFI Crète. Cette campagne européenne représente une occasion de grandir, mais elle impose une exigence supplémentaire. Les déplacements, la récupération et la gestion des rotations deviennent essentiels lorsque les rencontres s’enchaînent. Rennes devra trouver le bon équilibre entre ses ambitions nationales et européennes, sans sacrifier la fraîcheur physique de ses joueurs. Le déplacement à la Juventus, programmé cette semaine, constitue un test important pour mesurer la capacité du groupe à hausser son niveau face à un adversaire de premier plan.
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La suite de la saison : confirmer plutôt que s’enflammer
Le prochain rendez-vous de championnat est déjà important : Rennes reçoit Strasbourg le 25 octobre, après son déplacement européen à Turin. Ce calendrier obligera le staff à gérer la récupération avec un cinquième match en 14 jours, et à conserver une équipe compétitive malgré l’enchaînement des matchs. L’enjeu n’est pas de tirer des conclusions définitives après sept journées. Il est plutôt de déterminer si Rennes peut transformer ses bonnes séquences en une véritable constance. Pour cela, le club devra améliorer sa solidité défensive, mieux gérer les scénarios de ses matchs et conserver son efficacité offensive. Le début de saison du Stade Rennais est encourageant sur le plan comptable, mais encore irrégulier dans le contenu. Les 13 points récoltés et les 15 buts marqués constituent une base intéressante. En revanche, les 14 buts encaissés et les deux lourdes défaites rappellent que les ambitions devront s’accompagner d’une plus grande rigueur. Rennes a montré qu’il pouvait séduire, marquer et battre des adversaires importants. La prochaine étape sera de prouver qu’il peut le faire régulièrement. C’est à cette condition que ce début de saison prometteur pourra devenir celui d’une véritable réussite.
Axel LECHARTIER
