Ce dimanche, le Stade Rennais recevra le club vendéen des Sables d'Olonne pour son entrée en lice dans cette 109ème édition de la Coupe de France. Retour avant cette confrontation sur les matchs les plus marquants de l'histoire des rouges et noirs dans la compétition.
1916, en pleine guerre mondiale, le Stade Rennais créé 15 années auparavant, dispute la seconde et avant dernière édition de la Coupe des Alliés. Cette dernière inventée un an auparavant afin de soutenir le moral des français représente la première compétition nationale de football organisée en France. Tombeur du Mans en 8ème de finale et de Mérignac en ¼, les bretons affrontent en demi-finale le Havre AC, doyen des clubs français. Victorieux sur le score de 3-0 face aux normands, ils se qualifient pour la première fois en finale de cette compétition. Opposés au club rhodanien du CST Lyon, les rouges et noirs l’emportent largement 7 buts à 1 et permettent au Stade Rennais de remporter son premier trophée national.
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Défaits à deux reprises en finale en 1922 et 1935, le Stade Rennais finira par remporter sa première Coupe de France en 1965. La bande à Jean Prouff, devenu entraineur du club à l’été 1964, parvient l’année suivante à se hisser en finale suite à un parcours atypique. Après avoir écarté le Red Star en 32ème de finale, le RC Lens en 16ème puis le club amateur de Saint Quentin en 8ème, les coéquipiers de Yves Boutet se retrouvent opposés à l’OGC Nice, vainqueur à 4 reprises du championnat sur la décennie précédente. Face au club azuréen, ils déroulent leur jeu, s’imposent 5 à 2 et se qualifient en demi-finale au cours de laquelle ils affronteront l’AS Saint-Etienne. Cette dernière qui se déroule sur terrain neutre au Parc des Princes voit les rennais réaliser une magnifique performance face aux partenaires de l’emblématique Robert Herbin. Victorieux 3-0, la bande à Jean Prouff se qualifie 30 ans après pour une nouvelle finale. Le 23 mai, les rennais affrontent l’US Sedan-Torcy avec l’espoir d’accrocher un deuxième titre au palmarès du club. Pourtant favoris avant le match, les bretons se retrouvent rapidement menés de 2 buts par la formation de Louis Dugauguez. Ils parviennent finalement à réduire le score en fin de première mi-temps par l’intermédiaire de Ascencio avant d’égaliser au retour des vestiaires d’une tête de Daniel Rodighiero. Le score ne bouge plus malgré 30 minutes de prolongations et les séances de tirs aux buts n’existant pas encore à cette époque, la finale doit être rejouée 3 jours plus tard. Menés à la mi-temps de cette deuxième confrontation 1-0 suite à un but inscrit sur penalty juste avant la mi-temps, les rennais reviennent en seconde mi-temps avec de meilleures intentions et parviennent à renverser le score. L’inévitable Rodighiero inscrira un doublé et contribuera à la victoire de son équipe sur le score de 3-1. Ce 26 mai 1965, le Stade Rennais devient le premier club breton à remporter la Coupe de France.
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6 ans plus tard, Jean Prouff et ses hommes sont de retour en finale après un parcours héroïque. Une victoire en quart de finale sur le score de 4-0 a permis aux rennais d’atteindre les demi-finales. Ces dernières disputées en match aller-retour voient les rennais s’incliner 1-0 face à l’Olympique de Marseille lors de la première manche. Quelques jours plus tard, la réception des sudistes vainqueurs à 7 reprises jusqu’ici de la compétition et emmenés par Josip Skoblar apporte un grand engouement au sein de la capitale bretonne. Le Stade de la Route de Lorient se garnit de plus de 27 000 personnes, un record pour l’époque. Un certain François-Henri Pinault est notamment présent en bord pelouse en tant que ramasseur de balle. Les rennais démarrent tambour battant ce match retour en multipliant les occasions mais sont finalement punis sur leur seul erreur de la première mi-temps suite à un dégagement raté de René Cédolin. Menés de 2 buts sur la double confrontation et dos au mur, ils puisent dans leurs ressources pour revenir à hauteur des phocéens en égalisant dans un premier temps puis en prenant l’avantage par l’intermédiaire d’André Guy, auteur d’un doublé. Le score de parité sur l’ensemble des 2 matchs ne bougera plus et imposera une séance de tirs aux buts au cours de laquelle Marcel Aubour brillera. Auteur d’un premier arrêt face à Edouard Kula, le portier rennais s’avère décisif ensuite en stoppant la tentative de Jean-Louis Hodoul qui permet au Stade Rennais de retrouver la finale. Le public ivre de bonheur envahit la pelouse pour célébrer avec ses joueurs cette qualification. Quelques semaines plus tard, joueurs et supporters se donnent rendez-vous pour affronter l’Olympique Lyonnais. Ce 20 juin 1971, les bretons se déplacent en masse au stade Yves du Manoir de Colombes dans l’espoir de ramener un second trophée. Le match démarre sur un rythme peu élevé malgré quelques incursions rennaises dans le camp rhodanien. Finalement, c’est au retour des vestiaires que la différence se fera. André Guy d’un plat du pied trouve le montant du portier adverse avant d’obtenir dans la foulée un penalty. L’ancien lyonnais se fait justice lui-même d’une frappe en force et permet aux siens de prendre l’avantage. Le score ne bougera pas et le Stade Rennais remportera sa deuxième Coupe de France. Cette victoire laissera place à une grande liesse avec les supporters qui se poursuivra au retour des joueurs le lendemain à Rennes où les quais de la gare puis la place de la mairie seront envahis de rouge et de noir.
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9 mai 2009, 38 ans après la victoire à Colombes, le Stade Rennais arrive une nouvelle fois en finale et se retrouve confronté à un adversaire atypique, l’En Avant de Guingamp. Les voisins costarmoricains, alors pensionnaires de Ligue 2 se sont qualifiés pour la seconde finale de leur histoire après un premier échec en 1997 contre l’OGC Nice. Tombeurs de plusieurs adversaires de Ligue 1 dont le Toulouse Football Club en demi-finale, les guingampais partent en tant qu’outsider dans cette finale 100% bretonne. Cette rencontre inédite voit le Stade Rennais imposer son jeu et dominer son rival. Jérome Leroy en première mi-temps et Moussa Sow au retour des vestiaires trouvent notamment la barre transversale des cages gardées par Guillaume Gauclin. La pression rennaise finira par payer en seconde mi-temps avec l’ouverture du score de Carlos Bocanegra qui reprendra de la tête un coup franc de Benoit Cheyrou. Les supporters présents dans le virage rennais exultent, les hommes de Guy Lacombe se dirigent tout droit vers un troisième titre, enfin c’est ce que l’on croit à ce moment là. 3 minutes plus tard sur une erreur défensive de Petter Hansson, le brésilien Edouardo récupère le ballon dans la surface de réparation et trompe Nicolas Douchez. 10 minutes plus tard, sur une nouvelle largesse de la défense, le ballon arrive sur le coté droit sur l’inévitable Edouardo qui d’une frappe croisée vient tromper une deuxième fois le portier rennais. Les 10 minutes qui resteront ne changeront rien, sans être réellement mauvais, les rennais s’inclinent. Cette défaite reste un traumatisme pour les supporters et amorcera un arrêt net dans la progression du club amorcée depuis le rachat du club par la famille Pinault 10 ans plus tôt.
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En 2012, au cours d’une saison plutôt réussie où les rouges et noirs frôlent la qualification en Coupe d’Europe, les coéquipiers de Romain Danzé atteignent les demis finales. Face à eux se dresse le petit poucet de cette compétition, l’US Quevilly qui après avoir notamment éliminé le SCO d’Angers et l’Olympique de Marseille se retrouve à jouer contre toute attente pour une qualification en finale. Les rennais, grands favoris de cette rencontre imposent leur suprématie et Julien Féret permet aux siens de prendre rapidement l’avantage. Mais en seconde mi-temps, les pensionnaires de National reviennent avec l’intention de faire plaisir aux 20 000 spectateurs du stade Michel d’Ornano de Caen. A la 60ème minute, ils égalisent suite à une action d’école conclue par une frappe lumineuse de Karim Herouat entré en jeu quelques minutes auparavant. A la dernière minute du temps réglementaire, alors que la rencontre se dirige vers les prolongations, Anthony Loep est lancé en profondeur sur le côté gauche et vient terrasser Benoit Costil. Les rennais sont à terre, ils se font éliminer aux portes de la finale par le club amateur. Cette contre performance marquera la mémoire rennaise et contribuera à forger l’image de looser qui sera renforcé la saison suivante par la défaite en finale de Coupe de la Ligue face à l’AS Saint-Etienne.
2014 marque l’heure de la revanche pour le Stade Rennais. Après avoir écarté le Sco d’Angers au stade précédent, les hommes de Philippe Montanier retrouvent de nouveau l’En Avant de Guingamp pour un remake de la finale de 2009. Cinq ans après la terrible désillusion, les supporters espèrent pouvoir enfin tourner cette page douloureuse et remporter un trophée. Mais les joueurs vont passer complètement à côté de cette finale. Le déchet dans le jeu est affligeant et la finale est à sens unique. La bande à Jocelyn Gourvennec ouvre la marque à 10 minutes de la mi-temps par l’intermédiaire de Martins Pereira avant que Moustapha Yatabaré double le score au retour des vestiaires, d’une tête rageante au milieu d’une défense complètement apathique. Sonné, le Stade Rennais ne parviendra pas à répondre à des costarmoricains largement supérieur dans cette finale. Il s’incline pour la troisième fois dans une finale en 5 ans et la résignation des supporters se fait de plus en plus ressentir.
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2019 marque un tournant dans l’histoire du club. Après avoir réussi un parcours honorable en Coupe d’Europe en éliminant le Bétis Séville puis en battant Arsenal 3-1 dans un Roazhon Park en ébullition, les rouge et noir se sont qualifiés pour une nouvelle finale de Coupe de France après une victoire arrachée au mental sur la pelouse de l’Olympique Lyonnais. Plus en peine en championnat avec une 10ème place poussive en fin de saison, les coéquipiers de Benjamin André abordent cette échéance avec l’espoir de ramener enfin un titre à Rennes. Le 27 Avril 2019, 30 000 rennais se donnent rendez vous à Saint Denis dans l’espoir de remporter ce trophée qui leur échappe depuis des années. En face se dresse une montagne, le Paris Saint Germain, vainqueur des 4 éditions précédentes et emmenés par Kylian Mbappe, Neymar ou encore Cavani. A l’entrée des joueurs, un immense tifo est déployé par le Roazhon Celtic Kop sur l’ensemble du virage. Le ton est donné, les bretons ne comptent pas se laisser faire ce soir là. Les parisiens entament tout de même très fort le match et prennent l’avantage dès la douzième minute de jeu par l’intermédiaire de Dani Alves qui reprend d’une demie volée splendide un corner venue de la gauche. 10 minutes plus tard, Neymar vient doubler le score d’un lob astucieux sur Thomas Koubek. Les parisiens mènent 2-0 dès la 20ème minute, l’affaire semble bien mal embarquée. Cependant, les joueurs de Julien Stephan ont démontré durant cette année 2018-2019 historique qu’ils étaient capables de renverser bien des situations. A la demie heure de jeu, Mbaye Niang trouve le poteau gauche d’Alfonse Areola, permettant aux siens de retrouver de l’espoir. 5 minutes plus tard, ils réduisent l’écart grâce au but contre son camp de Presnel Kimpembe. Motivés par un discours rageur de leur coach à la mi-temps, les rennais reviennent avec des meilleures intentions. Benjamin Bourigeaud trouve dans un premier temps la main ferme du portier parisien avant qu’Edson Mexer remette les compteurs à 0 à la 65ème minute de jeu en venant couper au premier poteau un corner frappé de la gauche. Les rouges et noirs sont revenus et vont réussir à tenir en échec les parisiens jusqu’en prolongations au cours desquelles Mbappe trouvera le montant de Koubek avant de se faire exclure quelques minutes plus tard suite à une faute grossière sur Damien Da Silva. Les équipes n’étant toujours pas départagées, la séance de tirs au buts s’imposent. Durant cette dernière, les tireurs de chaque camp réussissent leur penalty rendant l’atmosphère de plus en plus irrespirable. Christopher Nkunku, se charge de tirer le 6ème tir parisien pour ramener les équipes à égalité. Il prend sa course d’élan face au virage parisien et envoie une lourde frappe qui s’envole au dessus des cages de Tomas Koubek. Les hommes de Julien Stéphan l’ont fait. Après tant d’espoirs déchus, de finales perdues et de désillusions entretenues, le Stade Rennais remporte sa première Coupe de France depuis 48 ans. Les joueurs traversent tout le terrain, Thomas Koubek en tête, pour venir célébrer avec l’ensemble des supporters présents. La fête est longue ce soir là, tant à Saint Denis, qu’à Rennes où un écran fut installé Esplanade Charles De Gaulle. Le lendemain, le retour des joueurs chez eux rappellent les images de 1971 et restera pour l’éternité dans la mémoire des supporters l’ayant vécu.
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Après une piteuse élimination l’année dernière sur le terrain de Troyes, les rennais se doivent cette année de redorer le blason et de démontrer qu’ils demeurent une vraie équipe de Coupe. Rendez-vous dimanche à 17h30 au Roazhon Park pour espérer l’écriture d’une nouvelle histoire mémorable.
Axel LECHARTIER