Rencontre avec Flavien Tait (Partie 1)

Joueur du Stade Rennais entre 2019 et 2023, Flavien Tait a laissé une empreinte durable en Bretagne, en découvrant notamment la Coupe d’Europe sous les couleurs rouge et noir. Dans ce troisième entretien de l’année, il revient sur son histoire particulière avec Rennes et partage les souvenirs les plus marquants de son passage au club.

Ceci est la première partie de l’entretien réalisé avec Flavien Tait, la seconde partie sera à retrouver dès demain dans l’Hebdo Rennais.

Pour commencer, peux-tu tout d’abord partager un bref résumé de ta carrière de footballeur, depuis tes débuts jusqu’à aujourd’hui ?

J’ai commencé à Châteauroux en Ligue 2, mon club formateur. J’ai eu une blessure importante au bout d’un an alors que je marchais très bien, ce qui a tout ralenti. J’ai été éloigné des terrains pendant 6 ou 7 mois. Je reviens, le club est encore en Ligue 2, mais on descend en National la troisième saison. Ensuite je réattaque la troisième saison en National et là, j’explose. Je finis meilleur joueur de National avec Nicolas Pépé à l’époque.

Angers vient me chercher, j’arrive en Ligue 1, ce qui est un premier gros bond dans ma carrière. La première saison, je ne joue pas beaucoup, mais le peu de matchs que je joue, je suis bon et décisif. Je sens que le club compte sur moi, je re prolonge. La deuxième saison, je suis encore remplaçant en tout début de championnat, mais je rentre sur un match, j'ai changé un peu le cours du match et depuis ce jour-là, je n’ai plus bougé. J’ai enchaîné deux saisons pleines à Angers avant de signer à Rennes.

Avec le transfert, il y avait des choses à digérer. On ne va pas se mentir, les débuts à Rennes sont compliqués pour de multiples raisons, compliqué en termes de performance. Ensuite, il y a le Covid qui arrive. J’ai vécu quand même de belles choses : la Coupe d’Europe, la Ligue des Champions. Puis il y a eu un changement de coach, et la superbe année. Rennes ça restera un club particulier pour moi.

Après quatre ans à Rennes, je pars en Turquie. Je voulais découvrir un autre pays et un autre championnat. Je ne pensais pas à la Turquie, mais ça s'est ouvert et je ne regrette pas. J’ai vécu de belles choses là-bas, on s'est qualifiés en Coupe d'Europe la deuxième saison. Ensuite, j’ai décidé de revenir en France pour un point de vue plus familial. J’ai essayé une aventure à Rodez mais ça n’a pas marché. Donc j’ai dit que pour le moment je revenais tranquillement dans ma maison pour penser d’abord à la famille.

Qu’est ce qui t’as poussé à rejoindre le Stade Rennais à l’été 2019 et quelle image avais-tu du club à ce moment là ?

Le Stade Rennais reste l’un des plus gros clubs de France, Top 5 ou Top 6 pour moi. Sur la durée, ça a toujours été un gros club. En étant à Angers, j’ai pas mal joué contre eux, donc j’ai beaucoup aimé le Roazhon Park quand je jouais là-bas. J’ai toujours apprécié comment ils jouaient. Et puis en termes de puissance économique, d’installations et de qualité de vie, tout était réuni.

© Ouest France

Tu arrives dans un club en pleine transformation depuis un an avec notamment ce titre en Coupe de France. Quelles sont les ambitions affichées par le Président Létang à cette époque ?

C'était de continuer à jouer la Coupe d’Europe. Je suis arrivé parce que Rennes jouait une Coupe d’Europe aussi, donc pour moi, c’était une première dans ma carrière. Les ambitions de Rennes étaient aussi de jouer le haut de tableau avec un effectif riche et des joueurs de meilleure qualité. En termes de notoriété, le Stade Rennais c’est dur de refuser. Le discours d’Olivier Létang, qui est venu me chercher assez tôt dans la saison et qui m'a beaucoup suivi, beaucoup parlé et ça a beaucoup compté aussi dans mon choix.

Quelle était ta relation avec Julien Stéphan puis Bruno Génésio, tes deux entraineurs successifs ?

Le premier, ça a été plus compliqué. Ce n'était pas une bonne relation. Je me suis senti un peu délaissé quand ça allait mal, et ce n'est pas ce dont j'avais besoin. Je pense qu’ils avaient une confiance en moi, mais ils sentaient que je n'arrivais pas à retrouver ce niveau là que j'avais avant. Ça ne matchait pas. L’arrivée de Bruno Génésio a été comme un second souffle.

© Le Télégramme

C'est un entraîneur avec des qualités humaines incroyables, qui a une carrière devant lui, qui a amené une osmose incroyable dans le groupe. Tout le monde était important, même ceux qui jouaient moins ils étaient aussi importants que ceux qui jouaient plus. La qualité du travail de ce qu'on travaillait aussi à l'entraînement et la qualité du jeu qu'on a produit, pour moi ça a été un second souffle parce qu'il m'a replacé au milieu là où j'ai plus de liberté de faire ce que je voulais. Avec Stéphan, j’étais un peu plus bridé et je n’en avais pas l’habitude. Il y a eu un gros changement de visage.

En 2020, tu as découvert pour la toute première fois comme le club, la Ligue des Champions. Quels souvenirs en as-tu ?

Honnêtement, j’ai plus aimé jouer l’Europa League ou la Conference League dans un stade plein, dans la manière d’exister dans les matchs. Je trouve qu’en Ligue des Champions, c’était bizarre. L’année du Covid, ce n’était pas la même Ligue des Champions. Après ça a été une belle expérience forcément d'entendre la musique etc.., de jouer ce genre de matchs-là, mais le contexte était quand même particulier. On ne la savoure pas pareil. J’ai plus kiffé mes épopées européennes en Europa League, la Conference où là stade plein les soirées européennes au Roazhon.

En 2021-2022, le club réalise une saison historique. Quelle était selon toi la force de votre groupe pour vous permettre de performer ?

C'était un groupe de potes qui aimait jouer au ballon et qui se trouvait les yeux fermés sur le terrain, il y avait une connexion entre nous qui était incroyable. On était sûrs de nous car notre jeu était tellement carré, on savait exactement ce qu’on devait faire et ça rendait les choses plus faciles. Cette équipe restera pour moi mémorable pour pleins de critères, pour la qualité du foot qu’on a produit, le nombre de buts qu’on a marqués et les matchs qu’on a joués contre de grosses équipes, qu’on a maîtrisé en fait cette année-là. L’osmose qu’il y avait entre nous sur le terrain et avec les supporters, c'était une belle saison pour tout le monde. Les remplaçants ils rentraient ils étaient décisifs aussi. Cette saison-là on finit peut-être que quatrième comme disent les gens mais on fait aussi un parcours en Coupe d'Europe qui est magnifique, et voilà pour moi oui il y avait tout dans cette équipe.

Propos recueillis par Quentin.L le 19/03/2026

L’Hebdo Rennais – par Team SRFC

Par TEAM SRFC

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